L’échec : Et si c’était la clé pour réussir ?

Gestion de projets

RÉFLEXION

10 Février 2022

Partagez sur Twitter !

Partagez sur Linkedin !

L’échec : Et si c’était la clé pour réussir ?

L’échec : Et si c’était la clé pour réussir ?

Si les enfants sont nombreux à admirer des personnalités et à souhaiter leur ressembler, les adultes ont également des modèles qui les aident indirectement à se dépasser. Souvent, en fonction de notre âge, ce sont des personnes différentes qui nous inspirent : alors que les adolescents sont admiratifs devant Big Flo & Oli, Mbappé ou Eric Antoine, les adultes sont plutôt impressionnés par les exploits de personnes ayant marqué l’histoire comme Rosa Park, Gandhi ou Thomas Pesquet. Tous ces symboles de réussite ont pourtant rencontré des difficultés avant d’atteindre la reconnaissance qu’on leur connait. L’échec, serait-elle une clé pour réussir ? C’est ce que nous allons questionner dans cet article.

Nos modèles : finalement des humains qui traversent des difficultés
Le demi-dieu Hercule : ses exploits après son châtiment

Dans les films, séries, livres et récits mythologiques, les héros qui inspirent ne le sont pas seulement parce qu’ils réussissent tout ce qu’ils entreprennent, mais parce qu’ils ne lâchent rien et continuent malgré les nombreux obstacles dressés devant eux. Prenez l’exemple d’Hercule, ce demi-dieu reconnu pour sa force qui, parce qu’il a assassiné les envoyés du roi d'Orchomène, s’est vu infliger le châtiment de réaliser 12 tâches particulièrement difficiles : tuer le lion de Némée à la peau pourtant impénétrable, ramener vivant le sanglier d’Erymanthe, dompter le taureau de Minos, etc.

Avec la figure d’Hercule, c’est un héros imparfait qui est montré par son statut de demi-dieu, mais également par ses excès de violence. L’exemplarité constante pour réussir n’est donc pas un élément indispensable.

Le pâtissier Cédric Grolet : ses échecs aux concours

Rencontrer des difficultés n’est pas uniquement propre aux personnages fictifs. De nombreuses personnalités ont elles aussi réussi après avoir rencontré un ou plusieurs échecs. Saviez-vous que Cédric Grolet, le célèbre chef pâtissier de l’hôtel 5 étoiles parisien Le Meurice avait échoué à un concours ? Si l’on connaît surtout ses pâtisseries trompe l’oeil, sa réputation de réaliser des entremets de qualité et sa forte influence sur les réseaux sociaux, il a pourtant échoué lors d’un concours de sculpture en chocolat organisé par le Salon du Chocolat.

Alors qu’il s’était consciencieusement préparé pendant deux ans pour maîtriser parfaitement la technique, le jour-J, ce fut un désastre puisqu’en faisant glisser son chalumeau, c’est une partie du rideau qu’il a fait brûler ! Trop stressé pour poursuivre, il n’a pas pu terminer sa pièce. Persévérant, Cédric Grolet a malgré tout voulu retenter ce même concours, mais ce fut à nouveau un échec puisqu’au moment du déplacement de sa pièce en chocolat, celle-ci s’est cassée. À la suite de ces expériences malheureuses, il a fait le choix de se concentrer sur sa carrière et est entré au prestigieux restaurant Le Meurice.

Les sportifs : leurs défaites avant les victoires

Passons du domaine de la gourmandise à celui du sport. Nombreux sont les grands sportifs à avoir rencontré des difficultés. Lionel Messi, le footballeur aux 7 ballons d’or, a dû fournir des efforts supplémentaires en raison de son petit gabarit qui a pu l’handicaper au début de sa carrière. Rafael Nadal a également essuyé des échecs avant d’être aujourd’hui présenté comme le vainqueur de 21 Grands Chelem. On le sait peut-être moins, mais lors d’une compétition à Tarbes destinée aux jeunes de moins de 14 ans, le tennisman Majorcain a été vaincu par le français Richard Gasquet. Cette défaite a été pour lui un électrochoc, lui permettant de modifier sa technique pour ne plus jamais perdre contre Gasquet.

Les CEO des GAFA : les difficultés que l’on connait moins

Dans la sphère professionnelle, les échecs sont également courants. Toujours pour continuer dans la veine des figures célèbres, nous nous sommes intéressés aux dirigeants des GAFA. Steve Jobs, le CEO d’Apple n’a pas eu un parcours simple : laissé par sa mère adoptive qui aurait voulu le voir terminer ses études supérieures, licencié de la société dont il était le créateur et atteint d’un cancer, cet entrepreneur a dû trouver les forces nécessaires pour avancer coûte que coûte.

Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon a, lui aussi, essuyé des échecs cuisants. Avez-vous entendu parler du “Fire Phone”, un smartphone censé faire concurrence à Apple et Samsung ? Probablement pas !

Aux Etats-Unis, faire preuve d’audace au travail est encouragé. D’ailleurs, dans la Silicon Valley, les entrepreneurs sont encouragés à tester des nouveautés, à revoir si besoin leur projet, mais surtout à échouer vite comme l’affirmait Tim Brown, le fondateur de l’agence IDEO : “Échouer tôt, pour réussir plus vite“ !

Au travers de ces exemples, nous constatons que derrière chaque réussite se cache un parcours semé d’embûches ! La question n’est tant de savoir si l’échec amène à la réussite, car vous l’avez compris, la réponse est « potentiellement ». Nous devons plutôt nous interroger sur la façon dont l’échec (ou les échecs) amène(nt) à la réussite. C’est pourquoi, nous allons étudier les étapes que peuvent rencontrer un individu qui expérimente l’échec.

La réussite VS l’échec

L’échec et la réussite se basent tous les deux sur un objectif que l’on se (nous) fixe, ou encore un souhait, une envie. C’est parce que nous n’obtenons pas ce que nous cherchons à réaliser/avoir, que nous parlons d’échec. À l’inverse, c’est parce que nous obtenons ce que nous avons désiré, que nous parlons de réussite.

La réussite : le fruit d’un travail

Une réussite est matérialisée par une nouveauté qui se présente comme un signe de reconnaissance pour celui concerné : un prix, une prise de poste, une attention, une rencontre, etc. On entendra souvent dire par les personnes ayant réussi qu’elles ont énormément travaillé pour arriver à un résultat concluant. Souvenez-vous de la célèbre phrase « Tous mes efforts ont enfin porté leurs fruits » qui démontrent que le travail et la réussite sont deux composantes qui s’associent. Pour y arriver, la définition d’un objectif est capitale, car elle vous donne une ligne directrice et peut se décomposer en sous-étapes, vous guidant alors sur la voie de la réussite.

Le travail : la conséquence d’un échec ?

Si la réussite est le fruit du travail, nous sommes en droit de nous demander si tout travail amène à une réussite. Pas forcément ! Imaginez que vous vous prépariez au vu d’obtenir votre permis de conduire, mais manquez une priorité à droite le jour de l’examen, cette faute considérée comme éliminatoire, vous amènera à repasser une seconde fois le permis. Ce n’est pas tant le travail fourni qui compte, mais les bonnes habitudes prises et la capacité à se concentrer à l’instant présent qui deviennent des facteurs pour réussir son permis. Vous vous êtes peut-être beaucoup entraîné pour réussir, mais parce que vous avez pris de mauvaises habitudes lors de votre conduite accompagnée avec votre frère et étiez plus angoissé que d’habitude ce jour-là, vous n’avez pas eu le réflexe de réagir de façon adéquate lorsqu’une voiture est arrivée par la droite.

Plus qu’une simple préparation, c’est une excellente préparation qui induiera des résultats favorables. En conséquence de cet échec, ici le refus à l’examen du permis de conduire, vous pourriez prendre la décision de retravailler certains points comme vos réflexes et votre gestion du stress. Affirmer que le travail est la conséquence d’un échec serait donc réducteur, car il peut également avoir lieu avant l’échec. En revanche, nous pouvons affirmer qu’une amélioration de ses méthodes de travail est souvent la conséquence d’un échec.

Les Vertus de l’Echec
Apprendre

Échouer, c’est apprendre ! C’est évident, vous nous direz, mais ce que nous souhaitons mettre en relief, c’est qu’en échouant, vous obtenez des informations précieuses pour vous améliorer. Échouer une fois ne signifie pas que le même problème ne sera plus jamais rencontré. Rien ne dis que vous ne rencontrerez pas de variations ou de nuances à vos échecs, voire exactement les mêmes. En fait, tant que vous n’aurez pas assimilé les raisons de votre(vos) échec(s), l’erreur pourra se répéter. C’est seulement lorsque les facteurs de l’échec seront véritablement comprises que vous pourrez en tirer les conséquences et vous assurez de ne plus rencontrer une(des) situation(s) passée(s).

Lorsque nous évoquions l’expérience de Cédric Grolet plus haut, nous vous expliquions que ce pâtissier avait échoué à deux reprises à un même concours. Alors que la première erreur soulignait l’importance d’être organisé le jour-J, elle n’a toutefois pas suffi, car il a échoué une seconde fois, à nouveau à cause d’un manque d’organisation ; sa sculpture s’étant cassée avant même son arrivée dans le camion destiné à la transporter vers le lieu du concours. Finalement, le pâtissier avait besoin de ces deux échecs pour prendre conscience d’une part que penser à l’organisation le jour-j était capital. D’autre part, pour se rendre compte que ce qu’il aimait vraiment était que ces mets soient dégustés par des clients et non par des juges.

Gérer les imprévus

Les échecs peuvent survenir suite à des dérapages, des erreurs d’inattention ou encore des imprévus. Vous ne pensiez pas qu’il fallait agir d’une certaine façon, que la réponse adéquate était la B, qu’une personne choisirait telle option, que votre projet ferait un flop, … mais le fait est que ce que vous avez entrepris n’a pas fonctionné. Comme leur nom l’indique, les imprévus sont des situations que nous n’avons pas prévues, pas anticipées. Etant donné qu’on ne les attend pas, nous sommes en général surpris et souvent pas assez bien préparé pour réagir au mieux. S’il est difficile de les deviner, il est malgré tout possible d’imaginer les pires situations pouvant se produire et ainsi réfléchir à des plans B.

L’avantage que vous avez lorsque vous avez déjà échoué suite à un imprévu, c’est qu’en raison de la vive émotion ressentie, vous allez davantage mémoriser la situation imprévisible, effectuer des recherches pour des plans B et ainsi être plus efficace si vous la rencontrez de nouveau. En comparaison avec ceux n’ayant pas échoué, vous aurez un coup d’avance. Vous risquez moins d’échouer la seconde fois, contrairement à ceux qui la découvriraient pour la toute première fois.

Etre humain

Cela vous est-il déjà arrivé d’être agacé(e) parce que vous aviez la sensation qu’une personne ne commettait jamais d’erreur ? Vous vous disiez alors qu’à être trop parfaite, elle dissimulait peut-être quelque chose. Faire des erreurs amène à se montrer tel que l’on est vraiment pour essayer de ne pas se laisser abattre.

Pour certains, c’est l’occasion de se rapprocher de nouvelles personnes. Dans une situation difficile, vous pourriez vous rendre compte que des personnes que vous appréciez déjà ou connaissiez vaguement, ont elles aussi vécu des situations similaires. Ces échanges avec celles-ci pourraient : vous soulager car vous ne vous sentirez pas seul(e), vous permettre de partager vos bons conseils et vous amener à vous rapprocher.

Pensez à vos meilleurs amis, s’ils sont là pour vous dans les bons moments, c’est parce qu’ils sont aussi présents pour vous dans les moments moins agréables que vous les identifiez au rang de « meilleurs amis ». Ils acceptent votre humanité composée de vos forces et faiblesses, et c’est pour cela que vous tenez à eux.

Persévérer

Il est une vertu que nous n’avons pas encore citée, mais qui est ô combien essentielle : c’est la persévérance, la résilience qui se développe suite à un échec. Lorsque vous vous lancez dans un nouveau projet (professionnel ou personnel), vous allez certes réaliser un travail de préparation pour anticiper au mieux les besoins et évitez les erreurs, cependant la probabilité que vous évitiez un échec n’est pas nulle. Si vous vous appuyez sur le « Design Thinking », une méthode consistant à constituer une équipe pluridisciplinaire dans le but de transformer un problème en solutions innovantes, vous pourriez à tout moment être bloqué(e) dans votre réflexion car vous observez que vous avez fait (ou pensé) ne convient pas à la réalité.

Cette démarche, structurée le plus souvent en 5 étapes (empathie, définition, idéation, prototypage, test) est itérative puisqu’avec elle, il est possible de revenir en arrière sur les précédentes phases. L’un des objectifs du “design thinking” est d’ailleurs l’expérimentation de l’échec et la dernière étape le prouve. En effet, après le prototypage de son produit ou service, deux fins s’offrent aux utilisateurs du “design thinking” : « Go, lancez votre projet » ou « No Go, retravaillez-le et persévérez ».

L’échec n’est pas l’unique clé pour réussir car il est possible de réussir une action sans avoir raté l’objectif que l’on s’était fixé. Toutefois, l’échec peut être une voie vers la réussite si l’on se positionne dans une démarche d’apprentissage, faisons bon usage des enseignements compris en améliorant ses méthodes, acceptons sa part d’humanité et restons persévérants quoi qu’il arrive.



*Photo prise par Brett Jordan

Partagez cet article autour de vous

Articles liés