Pensée latérale de Bono : une utilisation involontaire en entreprise lors de la crise

Communication

RÉFLEXION

12 Janvier 2021

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Pensée latérale de Bono utilisation involontaire en entreprise lors de la crise

L’utilisation de la pensée latérale de Bono par les collaborateurs durant la crise sanitaire

Si la période de la crise sanitaire a porté son lot de difficultés et d’incertitudes, elle a aussi mis en évidence la capacité des collaborateurs à faire preuve d’adaptabilité, et même de créativité pour maintenir leur activité. Tours de garde des enfants, aménagement d’un espace de travail “home-made”, mise en place de nouvelles habitudes d’animation des équipes en remote, renouvellement des techniques de développement commercial... Toutes ces stratégies ont traduit leur habileté à envisager différemment une situation, lorsque les conditions l'imposent. Ces changements dans tous les domaines, à un rythme soutenu, ont profondément modifié nos façons de travailler, et surtout notre capacité à faire preuve de créativité et d’adaptabilité dans la recherche de solutions. La question que nous pouvons judicieusement nous poser est de savoir comment analyser et pérenniser les apprentissages de cette période de confinement.

Trouver des solutions grâce à la pensée latérale

Développée en 1967 par Edward De Bono, la pensée latérale est une technique de résolution de problèmes. En synthèse, l’auteur invite les participants à envisager un problème sous des angles nouveaux, autres que leur approche habituelle, binaire, “pour” ou “contre”.

En effet, dans une approche classique, l’esprit humain aurait tendance à résoudre des difficultés au regard de ses expériences passées. En d’autres termes, nous construisons nos réponses en nous appuyant sur ce que nous avons déjà vécu. Ce mode de pensée, s’il sécurise les individus, privilégie par ailleurs des cheminements antagonistes, dans la confrontation. Conséquence : lorsqu’il s’agit d’explorer un sujet, de créer de nouvelles solutions, les échanges ont tendance à être réducteurs.

Avec la pensée latérale, De Bono neutralise nos systèmes de pensée connus, au profit d’une synergie potentiellement plus efficace. En effet, grâce à sa méthode, il arrive à additionner la force de plusieurs esprits pour résoudre un problème, en envisageant la situation dans une même dynamique.

Appliquer concrètement avec les 6 chapeaux de De Bono

Pour permettre aux participants de s’accorder sur un mode de pensée latérale commun, De Bono les réunit autour d’une méthode rythmée qui mobilise l’intelligence collective. Des chapeaux de différentes couleurs vont représenter les différents styles de pensée. Au fur et à mesure de l’atelier, les chapeaux se succèdent, proposant aux participants d’orienter leur créativité dans telle ou telle direction.

De Bono identifie ainsi 6 types de réflexion :

  • le blanc représente une pensée concrète, factuelle et neutre
  • le rouge, fidèle à lui-même, évoque les émotions qui peuvent être irrationnelles
  • le jaune symbolise la recherche de l’opportunité, de la meilleure option
  • le noir s’attache plutôt aux risques et aux limites
  • le vert, comme la nature riche et luxuriante, fait référence à la créativité sans limite
  • enfin le bleu est en lien avec l’organisation, la gestion du temps et de la logistique

À l’issue des séquences, les participants auront identifié leurs couleurs dominantes et pu aborder des approches de résolution de problèmes différentes de celles qu’ils utilisent habituellement.

Chez Seven, nous avons fait évoluer l’outil en utilisant 6 lunettes, chacune caractérisant notre manière de voir et d’appréhender le monde. Les participants de notre formation Définir son profil de communicant découvrent les caractéristiques de leurs propres lunettes et apprennent à identifier celles de leurs interlocuteurs. Le but étant qu’ils améliorent la qualité des interactions dans une organisation.

Pourquoi recourir aux lunettes de Bono ?
Pour simplifier la tâche du penseur

D’une part, il permet de simplifier la tâche du penseur en lui permettant de résoudre les problèmes. Au lieu de devoir s'occuper de tout à la fois (émotions, logique, informations, espoir ou créativité), le penseur peut réfléchir à chaque chose séparément. Par exemple, plutôt que d'utiliser la logique pour déguiser une émotion, il pourra parler d'une émotion sous couvert du chapeau rouge, sans avoir besoin de se justifier.

Pour modifier le comportement d’un individu

D’autre part, il permet un changement de comportement vis-à-vis d’une situation, d’une personne. Si une personne dans une réunion se montre délibérement critique, on peut alors lui demander de retirer son chapeau noir. C’est ce qui s’appelle méta-communiquer, c’est-à-dire communiquer non pas sur le fond du propos mais sur la façon de communiquer en elle-même. Cela permet d’aborder le sujet sans blesser l’ego de la personne qui porte les lunettes noires. Et surtout, de revenir sur le chapeau noir dans la suite de l’échange et les risques et limites de la situation. Avec la pratique, le simple fait de mentionner tel ou tel chapeau peut même devenir une sorte de code commun, de langage entre les différents interlocuteurs.

S’approprier la théorie de Bono

À l’occasion du confinement, et même si l’expérience n’a pas été vécue en toute connaissance de la théorie, de nombreux collaborateurs ont ainsi été amenés à changer leur posture. En effet, les circonstances les ont contraints à faire preuve de créativité, à tenir compte des limites, à s’organiser différemment ou encore à gérer leurs émotions, pour continuer de réaliser leurs missions.

À présent, il est important pour les managers et collaborateurs de s’approprier la théorie de Edward De Bono pour comprendre et maîtriser les techniques de créativité afin d’être capable de faire face intentionnellement à la prochaine vague d’incertitudes et de nouveautés à laquelle ils seront confrontés.

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